François Havez : Un regard sur l'humain
François Havez est un cinéaste du réel. Son travail se concentre sur la capture de l'instant, la mise en lumière des invisibles et la création de ponts entre les individus à travers le langage du documentaire.

À travers le regard du cinéma, Chronique d’une pension de famille donne à voir ce qui se construit chaque jour dans ces lieux : la dignité retrouvée, l’espoir qui renaît, le lien social qui prend vie et cette possibilité essentielle pour chacun de retrouver enfin un chez-soi… mais pas tout seul.
ÉVÉNEMENT : UNE AVANT-PREMIÈRE BOULEVERSANTE À NEVERS
Le 28 mai dernier, au Cinéma Le Mazarin de Nevers, environ 300 personnes étaient réunies par l’Association Pagode pour découvrir le film documentaire “Chronique d’une pension de famille” de François Havez. Le film plonge au cœur du quotidien des résidents de la pension de famille et résidence accueil du Banlay à Nevers. Un témoignage poignant sur la reconstruction sociale.
À travers les visages, témoignages et la capture de moments collectifs comme d’instants plus intimes, le film nous montre sans fard la vie en pension de famille. On y perçoit toutes les composantes qui font la force de ces dispositifs : un logement individuel pour se poser et se reconstruire dans la durée, mais aussi des espaces partagés pour se retrouver et retisser progressivement du lien avec l’appui d’une présence professionnelle bienveillante. « Chronique d’une pension de famille » est un film de contrastes, derrières les danses, les rires, les repas partagés mais aussi les histoires d’amour et d’amitiés qui s’écrivent, se révèlent avec pudeur mais sincérité des histoires personnelles marquées par les embuches. C’est avec beaucoup de courage que se livrent ainsi Florian, « Mamie » Jeannine, ou encore Précilia sur leur « vie d’avant », de longs parcours de rue, aux violences intrafamiliales en passant par l’incarcération, on découvre tous ces accidents de la vie qui peuvent changer le cours d’une existence. On découvre également en filigrane le travail quotidien des équipes d’accompagnement de l’association Pagode, une présence rassurante et soutenante qui mène chacun des résidents sur la voie de la reconstruction.





« Un tournage sur 18 mois qui a soudé résidents et équipes, renforcé la confiance en soi des habitants et montré la force de la vie collective, de la solidarité et de la résilience au sein des pensions de famille. »
Camille Chaurand
Directrice de l’association Pagode
« Avec ce nouveau film, François Havez poursuit un travail documentaire au plus près des personnes logées. Dans une immersion totale, les images et les témoignages s’adressent directement à notre humanité. »
Jordan Chevreau
Responsable de la communication - UNAFO
« Un documentaire plein d’optimisme qui révèle, avec justesse et sensibilité, l’humanité, la solidarité et le sentiment d’appartenance qui se tissent dans les pensions de famille, et qui redonne l’énergie de poursuivre la lutte contre l’exclusion. »
Manon Huré
Sous-directrice, directrice de la mission Accès et maintien dans le logement, DIHAL
"Un documentaire immersif au cœur de la solidarité, capturant avec justesse la reconstruction et l'humain."
Aline Tran
Sous-directrice, directrice de la mission Accès et maintien dans le logement, DIHAL
Chronique d'une pension de famille
Cette aventure documentaire, tournée pendant plus d’un an à Nevers, est une immersion au cœur d’un lieu de vie solidaire. François Havez y filme la reconstruction, le retour à soi et la redécouverte de l’autre.
Pourquoi cette pension de famille ?
Le choix de la pension de famille de l’association Pagode à Nevers est né d'une rencontre. En 2023, l'association Pagode m'a invité à présenter mon précédent documentaire, Dehors Dedans, au Ciné Mazarin de Nevers. À la suite de cette projection, j'ai visité la pension de famille et découvert un lieu, des personnes et une équipe qui m'ont donné envie de poursuivre ma réflexion sur ces espaces de vie singuliers.
Je ne souhaitais cependant pas refaire Dehors Dedans. Mon intention était de réaliser un film différent. Si Chronique d'une pension de famille prolonge certaines thématiques de mon précédent documentaire, il adopte un autre regard et un autre point de vue. J'ai voulu m'intéresser davantage à la vie collective, au temps long, aux liens qui se constructions entre les habitants et à la façon dont chacun retrouve progressivement une place dans la société à travers ce cadre de vie particulier.
La mémoire et le temps
La mémoire est l'un des fils conducteurs du cinéma de François Havez. Elle ne se manifeste pas comme un simple souvenir du passé, mais comme une matière vivante qui façonne les êtres, leurs silences, leurs gestes et leur manière d'habiter le présent. Ses films s'intéressent aux traces laissées par les parcours de vie, aux blessures, aux exils, aux ruptures et aux renaissances.
Dans Y a-t-il encore mon pays ailleurs ?, la mémoire de l'exil irrigue le quotidien des anciens travailleurs immigrés, les chibanis, dont les récits interrogent l'appartenance, la transmission et le sentiment d'avoir plusieurs patries sans en posséder pleinement aucune.
Dans Chronique d'une pension de famille, la mémoire se révèle à travers les histoires des résidents. Sans jamais chercher à provoquer les confidences, le film laisse émerger, au fil du temps partagé, les fragments d'un passé souvent marqué par des accidents de la vie, la précarité ou la solitude. Le temps du documentaire devient alors celui de la reconstruction : les saisons passent, les liens se créent, et chacun retrouve progressivement une place parmi les autres. Chez François Havez, le temps n'est jamais seulement un décor ; il est le moteur discret de la transformation des êtres.
Conclusion : aller au cinéma pour faire vivre les films
Pour François Havez, le cinéma ne se résume pas à la fabrication d'un film : il prend tout son sens dans la rencontre avec les spectateurs. Ses documentaires sont pensés comme des espaces de partage, où des histoires souvent invisibles peuvent être entendues et où le regard porté sur les autres peut évoluer.
Aujourd'hui, la difficulté pour un réalisateur indépendant ne réside pas seulement dans la création d'un film, mais aussi dans la possibilité de le faire exister après sa réalisation. Le documentaire de création, particulièrement lorsqu'il aborde des sujets sociaux, humains ou politiques, rencontre encore de nombreux obstacles pour trouver sa place dans les circuits traditionnels de diffusion. Malgré la qualité des œuvres, la réduction du nombre de séances, la concentration des programmations et la fragilité économique des salles rendent l'accès au public plus complexe.
C'est pourquoi François Havez défend une autre manière de faire circuler ses films : la rencontre directe, les projections accompagnées, les ciné-débats et les échanges avec les spectateurs. Avec Dehors Dedans, puis avec Chronique d'une pension de famille, chaque projection devient un prolongement du film lui-même : un moment où les personnes filmées, les associations, les professionnels et le public peuvent dialoguer autour des questions de société
« Un film d’une grande justesse et d’une profonde humanité, qui révèle la richesse des parcours de vie, la solidarité et l’espoir qui se tissent au sein de la pension de famille, et nous invite à changer notre regard sur la précarité. »
Fabien Bazin
Président du Conseil départemental de la Nièvre
